Une augmentation inquiétante des émissions mondiales de méthane

news Jul 16, 2020

Selon une étude publiée le 15 juillet 2020, les émissions mondiales de méthane, agent considérable du réchauffement climatique, ont augmenté de 9 % entre 2006 et 2017. Une nouvelle très inquiétante pour l'environnement.

Une croissance des émissions de méthane qui préoccupe les chercheurs

Le méthane est considéré comme le deuxième gaz à effet de serre d'origine anthropique après le dioxyde de carbone. Son effet de réchauffement est cependant 28 fois plus élevé par kilogramme que celui du dioxyde de carbone depuis 100 ans. Depuis l'ère industrielle, ses concentrations dans l'air ont plus que doublé et représentent 23 % du réchauffement climatique engendré par les gaz à effet de serre.

D'ailleurs, selon une étude publiée le 15 juillet 2020 sous l'égide du Global Carbon Project, entre 2006 et 2017, les émissions mondiales de méthane ont augmenté de 9 % et proviennent principalement des secteurs de l'énergie et de l'agriculture. 40 % de ses émissions seraient d'origine naturelle et 60 % seraient dues aux activités humaines !

Cette augmentation a été ainsi calculée par les chercheurs et correspond à des scénarios d'intenses réchauffements de la planète allant de +3 à 4 degrés en 2100. Ils sont donc bien en-dessous des objectifs de l'accord de Paris qui déclare vouloir maintenir l'élévation de la température "nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, en poursuivant l'action menée pour limiter l'élévation de la température à 1,5°C". Selon l'ONU, afin de conserver cet objectif, il faudrait que les émissions de gaz à effet de serre réduisent de 7,6 % chaque année.

Marielle Saunois, du Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement, coordinatrice de l'étude :

Si on veut répondre à l'accord de Paris, il ne faut pas se contenter de limiter les émissions de dioxyde de carbone, il faut les réduire ainsi que celles de méthane.

Marielle Saunois désire également qu'une quantification des émissions de méthane soit réalisée plus fréquemment comme c'est le cas pour le CO2, puisque "la diminution des émissions peut être rapidement bénéfique pour le climat", car sa durée de vie est plus courte dans l'atmosphère que le dioxyde de carbone.

En outre, il semble que l'agriculture soit responsable de la majorité de ces émissions de méthane, avec 30 % venant des élevages et 8 % des cultures du riz. Les énergies fossiles ont également une part de responsabilité. L'exploitation du pétrole et du gaz représente 22 % des émissions, 11 % proviennent de l'extraction du charbon, 18 % viennent de la gestion des déchets, 8 % des feux de biomasse et de biofuel et le reste de ses émissions des transports et de l'industrie.

Une problématique touchant le monde entier

Toutes les régions du monde connaissent une augmentation de ses émissions, sauf l'Europe. 64 % des émissions émanent des régions tropicales. L'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Asie du Sud Est et la Chine sont les régions aux plus fortes émissions.

De plus, les scientifiques se préoccupent que ses émissions ne s'accroissent brusquement dans les zones de permafrost (zones où les sols sont gelés en permanence) à cause du réchauffement. Néanmoins, pour l'instant, ils ne constatent aucun "signal allant dans ce sens".


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Source photo : Unsplash / Dimitri Anikin

Sources :

Le méthane, un puissant agent du réchauffement, est en forte hausse
Les émissions mondiales de méthane, gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le CO2, ont augmenté de 9% entre 2006 et 2017, avec pour principale origine les secteurs de l’énergie et de l’agriculture, selon une étude publiée mercredi.

Reporterre - L’inquiétude monte autour du méthane, l’autre bombe climatique

Lucile Guerrier

Etudiante et stagiaire en communication - Aurore Market