Écologie : travailler 4 jours par semaine réduirait drastiquement notre empreinte carbone

news Jul 19, 2021

Une étude a montré qu’en se dirigeant vers une semaine de quatre jours d’ici 2025, les émissions du Royaume-Uni seraient réduites de 127 millions de tonnes, soit plus de 20%, ce qui équivaut à retirer des routes l’intégralité des voitures de particuliers.

La surcharge de travail entraîne la surconsommation

Le but : montrer que libérer du temps aux travailleurs(ses) leur permettrait de passer plus de temps à développer d’autres activités : auprès de communautés locales ou de leurs centres d’intérêts, sans réduire leurs salaires. Des activités globalement moins gourmandes en énergies carbones.

L’étude montre aussi que l’organisation actuelle, qui ne laisse que peu de temps libre, favorise : l’alimentation rapide, la consommation de jouets technologiques et de voyages expéditifs. Autant de manières pour celles et ceux qui passent leur temps à travailler de décompresser rapidement et pas forcément très efficacement d'ailleurs.

Quelle est la cause de cette surconsommation ?

Cette surconsommation de services et de biens, à haute empreinte carbone, est simultanément le résultat d'opérations massives de publicité mises en place.

Dans cette étude, l'une des dimensions fondamentales de l’économie capitaliste est remise en question. En celle-ci, on demande aux employés de travailler plus que ce qui est nécessaire pour reproduire la valeur de l’entreprise, afin de créer un surplus. Ce surplus peut alors être distribué sur de nouveaux marchés et générer un profit que les propriétaires ont le droit de garder pour eux-mêmes.

Lorsqu’on parle de réduire le temps de travail sans baisser les salaires, on parle donc d’éliminer du temps de travail servant à maximiser les capacités de profits des propriétaires, et de gagner du temps pour développer ses activités, relations et centres d’intérêts à l’écart de toute injonction hyper-productiviste.

Source : Unsplash

Un changement drastique

Dans un article de The Guardian, l'étude montre un chiffre choc :

L’étude a découvert qu’en se dirigeant vers une semaine de quatre jours d’ici 2025, les émissions du Royaume-Uni seraient réduites de 127 millions de tonnes, soit de plus de 20%, ce qui équivaut à retirer des routes l’intégralité des voitures de particuliers.

En ce qui concerne sa dimension sociale, on compte parmi les vertus de la semaine de quatre jours l’amélioration de la santé mentale et physique des personnes, le renforcement des familles et des communautés et même, à terme, la création de nouveaux emplois.

En effet, si tout un chacun aura plus de temps à consacrer à sa vie, aux problématiques de son milieu et à ses centres d’intérêts partagés avec d’autres, les personnes seront également mieux disposées à monter un projet d’entreprise ou une initiative publique.

Plus urgemment, nombreuses sont les voix au Royaume-Uni qui proposent la semaine de quatre jours comme rempart viable contre la montée du chômage suite à la crise du Covid. Les postes pourraient alors être partagés entre plus de personnes, les entreprises pouvant alors miser sur une meilleure qualité de production pour monter leurs prix et payer ces nouveaux frais.

Mais ce n'est pas tout, la dimension écologique sera elle aussi impactée. La semaine de quatre jours pourrait être un élément décisif pour adresser l’enjeu du réchauffement climatique.

Du temps pour soi et son entourage

Article The Guardian

Non seulement cela réduirait les émissions des lieux de travail à haute consommation d’énergie et de transports, mais en plus cela pourrait contribuer à baisser l’empreinte carbone des biens consommés au Royaume-Uni mais produit ailleurs.

Dans cette étude, l’autrice défend sur la base de recherches menées en France, que le rythme de 35 heures par semaine (relativement bas par rapport à d’autres pays) permet de développer plus d’activités moins polluantes, dont les valeurs sont plus centrées sur la réflexivité et sur la construction de relations entre amis, familles et membres de mêmes communautés.

Source : Unsplash

Pour soutenir ce dernier argument, l’autrice de l’étude utilise notamment cette recherche sur les schémas de consommation des Français. Cette étude montre que ce sont ceux qui travaillent le plus, ont les schémas de consommation les plus coûteux en termes écologiques.

Un constat qui suggère que la baisse du temps de travail pour ces personnes, à salaire égal, leur permettrait de se dégager de ce type de consommation et de se tourner vers des modes de vie plus viables.

Un enjeu que les entreprises doivent prendre au sérieux

Si l’argumentaire de la semaine de quatre jours est d’abord porté par les mouvements de défense des intérêts et des droits des travailleurs, l’urgence écologique et le langage des nouvelles techniques de management (qui privilégient la qualité à la quantité) lui ont offert une progressive popularité dans le milieu des grandes entreprises.

Guardian Andrew Barnes, businessman Néo-Zélandais militant pour la semaine de quatre jours

Il s’agit d’obtenir une meilleure productivité à partir de lieux de travail plus efficient… il n’y a pas de mauvais côté pour nous.

L’autrice de l’étude de Platform

Une semaine de travail plus courte pourrait être cadrée comme un investissement dans le capital humain, en une période où la contribution et la créativité de chacun est requise pour imaginer la société durable de demain. Les données venant de l'Utah (après son expérience d’un an où les fonctionnaires avaient des semaines de quatre jours) ont montré le résultat inattendu d’un accroissement du bénévolat. Ceci soutient l’idée que beaucoup de travailleurs veulent être plus impliqués dans la transformation méliorative de la société et le font lorsqu’on leur en donne l’opportunité.

Pour autant, elle souligne que si les entreprises réduisent le salaire en même temps que le temps de travail, ou qu’elles en profitent pour remplacer la force de travail de leurs employés par des machines, les gains sociaux et écologiques de la semaine de quatre jours ne serviront à rien.

De même, si une politique de valorisation des activités en plein air, culturelles et sportives n’est pas menée et que les entreprises continuent à pouvoir promouvoir par leurs dispositifs massifs de publicité des activités à haute émission, la réforme n’aura pas l’impact souhaité.

Les modalités sous lesquelles une semaine de quatre jours peut être mise en place sera donc cruciale pour qu’elle serve effectivement à l’intérêt général.


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Photo : Unsplash

Sources :

Travailler quatre jours par semaine réduirait drastiquement notre empreinte carbone
L’étude a découvert qu’en se dirigeant vers une semaine de quatre jours d’ici 2025, les émissions du Royaume-Uni seraient réduites de 127 millions de tonnes, soit de plus de 20%, ce qui équivaut à retirer des routes l’intégralité des voitures de particuliers.