Sibérie : une température record de 38°C vient d'être atteinte

news Jun 24, 2020

Ce lundi 22 juin, dans la ville de Verkhoïansk en Sibérie Orientale, la température est montée jusqu'à 38°C. Une situation inédite pour cette ville connue pour être la plus froide de l'hémisphère Nord. Elle serait ainsi la conséquence d'un phénomène météorologique conjoncturel et du réchauffement climatique.

Un nouveau record de chaleur établi en Sibérie

Le lundi 22 juin, la petite ville de Verkhoïansk située en Sibérie orientale (au-dessus du Cercle polaire arctique) a connu une vague de chaleur sans précédent. En effet, une température de 38°C a été observée, soit le record de la plus forte température jamais enregistrée au-dessus du Cercle polaire ! C'est également le record de la plus grande amplitude entre sa température la plus froide jamais enregistrée de -67,8°C en février 1892 et la plus chaude de ce samedi.

François Jobard, prévisionniste à Météo-France :

Entre les deux, il y a un écart de 105,8 °C, poursuit François Jobard. C’est du jamais-vu à l’échelle du globe.

Cette ville polaire est pourtant habituée à ces écarts importants de température en raison de son climat hypercontinental, marqué par des hivers glaciales et des été très chauds.

François Jobard, prévisionniste à Météo-France :

La moyenne des températures minimales de janvier, le mois le plus froid de l’année, est de -48°C, rappelle François Jobard. Et l’été, la moyenne des températures est proche des 20 °C. Typiquement, fin juin, à Verkhoïansk, on est autour des 21 °C.

Cependant, le plus étonnant est la période à laquelle a été atteinte ce pic de température. Habituellement, il se situe aux alentours du mois de juillet comme le démontre le précédent record qui avait été établi en juillet 1988 avec 37,3°C.

Une hausse de température causée par un phénomène météorologique

Cette hausse de température peut s'expliquer par un phénomène météorologique. Depuis quelques temps, on remarque qu'une zone de hautes pressions s'est installée dans cette zone de la Sibérie. Le prévisionniste François Jobard évoque une sorte de "dôme d'air chaud" composé "d’anticyclones très puissants, avec beaucoup d’airs chauds en altitude et dans les basses couches".

La Sibérie orientale n'est malheureusement pas la seule à être touchée par ce phénomène. La Scandinavie, l'Europe ainsi que le nord du Canada pourrait être impactés par cet anticyclone caractéristique des canicules.

François Jobard, prévisionniste à Météo-France :

L’un est actuellement sur la Scandinavie et l’Europe et devrait se traduire par un temps très chaud cette semaine, notamment en France. Un autre stationne sur le nord du Canada, avec là encore des températures élevées relevées.

Ces "dômes d'air chaud" sont aussi accompagnés de vagues de fraîcheur liées à des dépressions situées en Sibérie occidentale, en Alaska et au milieu de l'océan Atlantique.

Une région du globe particulièrement touchée par le réchauffement climatique

Cette hausse de température est également causée par le réchauffement climatique.

François Jobard, prévisionniste à Météo-France :

Des anticyclones bloquants de ce type, il y en a toujours eu par le passé. Ce qui change aujourd’hui est la masse d’air qu’ils charrient, qui est plus chaude qu’auparavant.

Ces 6 derniers mois, cette région du globe a en effet connu des températures extrêmement et excessivement douces pour la zone.

Marina Makarova, météorologue en chef de Guidrometsentr (Agence météo russe) :

L’hiver 2019-2020 a été le plus chaud en Sibérie depuis le début des relevés, il y a 130 ans, avec des températures moyennes jusqu’à 6 °C au-dessus des normales saisonnières. Le printemps est aussi arrivé nettement plus tôt, en avril, avec des températures dépassant facilement (parfois) les 30 °C .

Cette situation n'étonne néanmoins pas les chercheurs en raison du réchauffement conséquent de la planète que les scientifiques ont pu constaté depuis 40 ans.

Gerhard Krinner, directeur de recherche au Laboratoire de Glaciologie et de géophysique de l’environnement à Grenoble (CNRS) :

Non seulement la probabilité de récurrence de ce genre d’événements extrêmes augmente avec le réchauffement climatique, mais on sait l’Arctique particulièrement exposée. Dans ces hautes latitudes nord, le réchauffement climatique est deux fois plus important que la moyenne globale.

De nombreux mécanismes peuvent d'ailleurs expliquer cette situation, notamment celui de la rétroaction de l'albedo. Ce mécanisme a notamment pour principale conséquence d'accélérer la propagation des feux de forêts qui ont déjà ravagé, de janvier à mi-mai 2020, plus de 4,8 millions d'hectares de la Sibérie, selon l'antenne russe de l'ONG Greenpeace.

Gerhard Krinner, directeur de recherche au Laboratoire de Glaciologie et de géophysique de l’environnement à Grenoble (CNRS) :

Dans cette région, il y a beaucoup de neige, blanche donc, qui a pour effet de réfléchir la chaleur. Avec la hausse des températures, celle-ci a tendance à fondre et laisse place à des zones plus sombres, que ce soit l’océan ou de la végétation sur les parties continentales qui bordent l’Arctique. Ces zones plus sombres interceptent davantage le rayonnement solaire et se réchauffent ainsi plus facilement.

Une situation plus qu'inquiétante qui ne risque pas de prendre fin dans les années à venir.


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Sources :

Record de chaleur en Sibérie, avec 38°C au-delà du cercle polaire
Cette température a été atteinte dans la ville de Verkhoïansk habituée au climat extrême.
En Sibérie, un record de chaleur qui allonge une liste de signaux alarmants
Il a fait 38 °C samedi à Verkhoïansk, en Sibérie orientale. Du jamais-vu en juin dans cette station météo connue pour être la plus froide de l’hémisphère Nord. Le résultat d’un phénomène météorologique conjoncturel, mais qui s’inscrit dans un climat inquiétant

Lucile Guerrier

Etudiante et stagiaire en communication - Aurore Market