Selon un rapport, le trafic d'animaux sauvages entretient les pandémies

news Jul 24, 2020

Début juillet, l'Office des Nations Unies contre les drogues et le crime (UNODC) a publié son rapport le World Wildlife Crime Report de 2020. L'organisme a ainsi mené une enquête sur le trafic d'espèces sauvages dans le monde et en dresse un bilan édifiant.

Un risque pour la santé humaine

Dans ce rapport, l'UNODC souligne le danger de ce trafic d'espèces sauvages pour la biodiversité mondiale et aussi pour la santé humaine. En effet, le commerce de ces animaux braconnés augmente le risque de transmission de maladies zoonotiques. Elles représentent d'ailleurs aujourd'hui jusqu'à 75 % de toutes les maladies infectieuses émergentes, comme le SRAS-CoV-2 ayant causé la pandémie de coronavirus à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui.

En outre, l'ensemble des produits provenant d'espèces braconnées et vendues pour la consommation humaine ne subissent aucun contrôle au niveau de l'hygiène. Par exemple, le rapport évoque le cas des pangolins, source potentielle du virus Covid-19, qui sont les mammifères sauvages les plus concernés par ce trafic illégal dans le monde. Il faut savoir qu'entre 2014 et 2018, les captures de pangolin ont été multipliées par 10 !

Environ 6000 espèces touchées

Dans son rapport, l'UNODC s'est principalement basée sur les chiffres des professionnels de la lutte contre le trafic d'espèces sauvages. Ces données doivent tout de même être considérées avec précaution puisqu'elles peuvent ainsi mener à des conclusions biaisées. Ces chiffres fournissent tout de même des indices sur les tendances du trafic d'animaux sauvages.

Cette base de données contient de fait environ 180.000 saisies opérées dans 149 pays. 6000 espèces différentes auraient été saisies entre 1999 et 2019 ! Une quantité énorme qui souligne l'ampleur du trafic et sa diversité (bois de rose, ivoire, reptiles vivants, félins, anguille d'Europe, etc).

Un trafic présent dans le monde entier

Le rapport a également recensé une cinquantaine de nationalités différentes parmi les trafiquants démontrant le caractère global de ce trafic. En effet, nous pensons bien souvent que cette demande de produits de la biodiversité provient principalement d'Asie. Pourtant, ce problème touche l'ensemble de la planète comme le précise Angela Me, responsable de la recherche et de l’analyse des tendances pour l’UNODC.

Angela Me, responsable de la recherche et de l’analyse des tendances pour l’UNODC pour The Guardian :

Il faut se rappeler que la plus grande demande se trouve en Asie parce que l’Asie est le continent le plus peuplé. Pour plus de la moitié des marchandises, elles proviennent d’une source illicite parce qu’elles sont braconnées puis victimes de la traite, mais elles finissent par entrer sur le marché licite.

Ainsi, des peaux de reptiles braconnés en Asie peuvent se retrouver dans la chaîne de production de certaines marques de luxe en raison de la corruption.

En outre, ce problème touche également les anguilles d'Europe, les bois tropicaux ou encore les félins dont la demande est toujours en hausse ces dernières années. Le rapport met tout de même en exergue quelques bonnes nouvelles comme le déclin de la demande pour l'ivoire et la corne de rhinocéros africains, même si ces marchés illégaux restent parmi les plus importants au monde. Par exemple, en 2018, le trafic d'ivoire générait un revenu d'environ 400 millions de dollars.

Le trafic s'organise désormais sur les réseaux sociaux

Pour écouler leurs marchandises, les trafiquants utiliseraient de plus en plus les médias sociaux comme plateforme de vente. Les produits à base d'os de tigre et les reptiles vivants se vendraient donc désormais sur des plateformes en ligne et via des applications de messagerie cryptée.

Les reptiles seraient ainsi de plus en plus vendus sur le marché des animaux de compagnie par l'intermédiaire de groupes Facebook privés ! Des vidéos didactiques présentes sur les réseaux sociaux incitent aussi de plus en plus de personnes vivant dans des zones sauvages à braconner des animaux pour compléter leurs revenus.

La nécessité d'améliorer la coopération internationale sur ce sujet

Afin de palier ses nombreuses menaces, le rapport prône la nécessité de renforcer les systèmes de justice pénale en perfectionnant les cadres juridiques et en renforçant les procédures judiciaires. Le recours à la coopération internationale et à des enquêtes transfrontalières semblent également indispensables pour lutter contre ce trafic.

Ivonne Higuero, Secrétaire générale de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) :

Le rapport donne aux gouvernements une idée claire de la situation et souligne la nécessité d’agir dès maintenant pour conserver nos espèces et nos écosystèmes les plus précieux.

L'organisation demande également aux Etats de multiplier leurs efforts pour définir la criminalité liée aux espèces sauvages comme une infraction grave à l'égard de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée. Le rapport préconise aux gouvernements d'aller au-delà des saisies et de lutter directement contre la corruption.


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Source image : Pixabay / Pexels

Sources :

Rapport : le trafic d’animaux sauvages alimente les pandémies
Un récent rapport de l’ONU alerte sur l’ampleur et la diversité du trafic d’espèces sauvages dans le monde. Un commerce criminel qui fait toujours peser une menace importante non seulem
A l’origine du Covid-19, le trafic d’espèces sauvages [Planète Outre-mer 2/2] - Outre-mer la 1ère
Le Covid-19 viendrait-il des chauves-souris ou du pangolin ? Cette pandémie met en lumière le trafic d’espèces sauvages envisagé jusqu’à présent essentiellement sous l’angle de la conservation des espèces, sans prendre en compte suffisamment les enjeux sanitaires et de sécurité nationale.

Rapport WWF - ÉROSION DE LA NATURE ET ÉMERGENCE DE PANDÉMIES

Lucile Guerrier

Etudiante et stagiaire en communication - Aurore Market