Ghana : nos vêtements « à recycler » finissent par millions sur les plages

Oct 6, 2021

Vous êtes-vous déjà demandé où partaient les vêtements consciencieusement déposés dans les bacs à recyclage ? La réponse est pour le moins déconcertante...

ABC News a dévoilé lors d'un récent reportage l'envers du décor des bacs à recyclage. Une grande partie des vêtements recyclés finissent dans de gigantesques dépotoirs, ou encore pire, sur les plages du Ghana avant de disparaitre dans la mer...

Le Ghana, poubelle des textiles du monde


Chaque semaine, le Ghana reçoit pas moins de 15 millions de vêtements. Théoriquement ces vêtements devraient être triés et recyclés dans l'objectif d'être par la suite revendus dans toute l'Afrique.  Seulement la réalité est toute autre... Les vêtements, pour la plupart issus de la fast fashion, ne sont souvent pas d'assez bonne qualité pour être recyclés. Seulement la moitié d'entre eux l'est, l'autre moitié finit par être jetée.

Sur les rives de la lagune de Korle, dans la capitale ghanéenne d’Accra, une dune artificielle ne cesse de grandir depuis déjà une quinzaine d’années. Haute d’environ 20 mètres, elle est formée d’environ 60% de vêtements non désirés et 40% de déchets du quotidien. Beaucoup de ces vêtements proviennent de bacs à recyclage et d'oeuvres caritatives d’Australie et du Royaume-Uni.

Solomon Noi, importateur de vêtements recyclés, désemparé par cette situation, s'est confié au micro de ABC News :

Nous sommes devenus le dépotoir des déchets textiles produits d’Europe, des Amériques et d’ailleurs.

La fast fashion responsable de ce désastre

On ne vous apprend surement rien, la fast fashion est un véritable désastre environnemental qui se répercute jusqu'à l'autre bout du monde.
Les textiles synthétiques peuvent mettre des centaines d’années à se décomposer.

A Accra, pendant la mousson, les vêtements qui ne peuvent être recyclés, dérivent dans le réseau d’égouts à ciel ouvert de la ville, étouffent le système de drainage et favorisent ainsi les inondations mais aussi la reproduction des moustiques et la prolifération des maladies.

Ces mêmes vêtements échouent ensuite des canalisations vers la plage puis dans la mer. Une minorité d'entre eux flottent tandis que les plus lourds coulent au fond de l’océan. Sous l’effet des courants, ils remontent, s’enroulent entre eux et forment de longs bras de tissus appelés "des tentacules" pouvant mesurer jusqu’à 10m de long. Ces mêmes tentacules sont responsables de noyades et de l’altération des moteurs des bateaux de pêche...

Les textiles synthétiques en décomposition sont également à l’origine d’émanations toxiques, et ce pour des générations.

Recycler ses vêtements n'est plus suffisant


En France, de nombreux organismes structurent et fédèrent la collecte, le tri et le recyclage des vêtements. Grand nombre d'entre eux savent revaloriser les dons et garantissent une traçabilité sur leur futur.  
Cependant cette enquête sur la situation au Ghana, met en lumière le fait que le recyclage reste une solution partielle et ne sera jamais aussi bénéfique que le fait de produire moins. Le problème n’est pas à prendre à la fin de vie du vêtement, il vient du fait que sur 100% des vêtements produits par les marques à ce jour, 40% ne seront jamais portés.

Vous l’aurez compris, le recyclage des vêtements est loin de régler les problèmes écologiques causés par la mode, qui, rappelons-le, est l’une des industries les plus polluantes de la planète.

Comme le dit le journaliste Marc Beaugé :

Mettre ses vêtements dans les bacs à recycler, c’est bien, mais ne pas acheter de vêtements dont on n’a pas besoin, c’est encore mieux.

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Photo : Adobe Stock

Sources :

  1. "Quand nos vêtements « à recycler » finissent par millions sur les plages du Ghana", PositivR - 27/09/2021.
  2. Victoire Satto - "Un documentaire sur le Ghana, poubelle des textiles du monde", The Good Good - 05/09/2021.