Si vous commandez sur notre site ou que vous êtes adeptes du bio, vous avez pu vivre la chasse au meilleur produit en fonction de son label. Il est souvent difficile de savoir à quoi il correspond, et ce qu'il certifie. Dans cet article, j'ai décidé de détailler les labels qui concernent l'agriculture et la pêche. Quel label est strict, qu'est-ce qu'il assure, et qui l'a mit en place ?

L'agriculture biologique

Le label AB & le label bio européen

L'agriculture dite "biologique", une « agriculture n’utilisant pas de produits chimiques ni pesticides de synthèse » (1) prend forme en tant que concept dans les années 80. En 1985, le label AB voit le jour. D'abord utilisé uniquement en France, il s'aligne par la suite sur le label européen en 2010. Aujourd'hui, ils veulent dire la même chose, le label AB étant facultatif, le label européen étant obligatoire sur l'emballage des produits. De fait, ils demandent à l'agriculteur de répondre à un certain cahier des charges qui comprend, entre autres :

  • L'interdiction des pesticides et des engrais chimiques de synthèse
  • Les produits transformés contiennent au moins 95 % d’ingrédients bio, mettant en œuvre des pratiques agronomiques et d'élevage respectueuses des équilibres naturels, de l'environnement et du bien-être animal
  • Une tolérance d’une contamination par les OGM à hauteur de 0,9 % des produits transformés
  • Que la certification est placée sous le contrôle d'un organisme agréé par les pouvoirs publics français, répondant à des critères d'indépendance, d'impartialité, de compétence et d'efficacité tels que définis par la norme européenne EN 45011

La dimension européenne de ce label a ses avantages en terme d'homogénéisation de la communication des produits dans les différents pays, et en terme d'aides avec la PAC ─ pour le maintien et la conversion en agriculture biologique. Cependant, ce label est le seul qui donne droit à ces aides. De plus, ce logo apposé n'est pas un prix que l'on gagne, c'est une image que l'on paye, comme tous les labels (mais il semble important de le rappeler). Il peut coûter entre 350 et 850 € en fonction de la surface et du type de produit, et certaines régions remboursent tout ou une partie. Certains producteurs, souvent avec une petite exploitation, ne souhaitent pas payer pour ce label qui n'est pas assez rigoureux à leurs yeux, ou car l'absence de label ne les empêche pas de vendre. Ainsi, si vous achetez local et que vous recherchez des producteurs, ne vous arrêtez pas sur le label, et discutez plutôt avec eux de leurs mode de production, qui vont souvent bien au-delà du cahier des charges européen.

On peut trouver des équivalents étrangers au label AB comme le Label bio allemand que l'on peut retrouver sur les boissons végétales, et les labels espagnols CAECyL sur la mélasse, et CCPAE qui se trouve sur la pâte de coing par exemple, qui représentent respectivement la Castille et la région Catalane, et qui vont même au-delà de la certification européenne.

L'agriculture biodynamique

La certification Demeter s'applique uniquement sur les produits issus d'une agriculture biodynamique. Ce type d'agriculture considère une exploitation agricole comme un organisme vivant le plus autonome possible, dont on va s'occuper avec le moins d'intrant possible. Pour ce faire, on prépare des mélanges à base de plantes, pouvant potentiellement avoir un impact sur les "forces cosmiques" des planètes présents dans les sols, dans le but de limiter les parasites entre autres. La prise en compte se différencie de l'agriculture biologique par la prise en compte de l'influence supposée des rythmes lunaires qui va constituer la principale différence avec l'agriculture biologique.

Les produits comme les thés, les compotes ou les Fleurs de Bach par exemple, détiennent le label Demeter.

Aller au-delà de l'agriculture biologique avec un label

Certains labels ne s'arrêtent pas à la préservation des sols, mais visent le respect de l'environnement dans lequel les producteurs travaillent, le respect des animaux et ajoutent à cela une dimension sociale. C'est le cas de Tilth Oregon, label des Etats-Unis apposé au Klamath par exemple, un complément alimentaire, de KRAV, label Suédois qui se trouve sur des préparation Chaï entre autres, ou de Soil Association, label anglais qui s'applique notamment sur des tampons.

En France, le label Nature et Progrès est celui qui est le plus rigoureux en terme de méthodes de production, de consignes de préservation des ecosystèmes, de bien-être animal etc... Je vous conseille vivement de consulter leur charte, qui est également plus détaillée que les labels ci-dessus. Comme produit détenant ce label, on peut retrouver des gels douches, des savons ou des pots pour bébé, entre autres.

En ce qui concerne la production des plantes médicinales aromatiques, alimentaires, cosmétiques et tinctoriales, le syndicat des SIMPLES. Ce syndicat promeut, entre autres, la production en agrobiologie, sauvegarder et revaloriser les savoir-faire traditionnels, sensibiliser au large public à la protection de l'environnement etc... Des baumes ou des huiles pour le corps sont le type de produits à détenir ce label.

Une pêche durable

On ne peut pas s'assurer de la nature de ce que les poissons ingèrent, mais on peut s'assurer qu'ils sont élevés dans de bonne condition, et que la pêche n'amène pas à la perte de leur espèce.

Le seul label que nous avons sur nos produits concernant la pêche durable est le label MSC, sur les conserves de Phare d'Eckmühl. Sur le papier, MSC garantit de s'assurer de la pérennité des populations de poissons, de minimiser l'impact environnemental en maintenant, la structure, la productivité, la fonction et la diversité de l'écosystème. Enfin, MSC garantit une bonne gestion des pêcheries ─ les espaces aménagés pour la pêche. Cependant, ce label n'est pas synonyme de respect de l'environnement, et a tendance à certifier des industriels qui ne répondent pas aux caractéristiques du label. MSC par exemple n'interdit pas l’utilisation de chaluts de fond qui détériorent les fonds marins et capturent l’ensemble des espèces sans aucune distinction. La qualité de la pêche dépend donc davantage de l'organisme qui pêche, que du label.

Il existe d'autres labels qui promeuvent une pêche durable, comme le label Artysanal qui « intègre des critères liés à la lutte contre la surexploitation des poissons, à la sécurité des pêcheurs et à la fragilité du secteur de la pêche artisanale » ou l'écolabel français Pêche Durable, qui intègre des notions d'énergie, de déchet et de pollution, de rémunération et de sécurité à bord, que d'autres labels n'abordent pas. Les certifications sont attribuées par des organismes certificateurs accrédités par le COFRAC, organisme national d’accréditation, en conformité avec les normes internationales de certification (ISO 17065) et les lignes directrices de la FAO.

(1) dans la loi d’orientation agricole de 1980

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à consulter nos sources :

Natura-Sciences

Le Monde