Le plastique présent dans nos océans pourrait-être la source d’une nouvelle pandémie ?

news Apr 23, 2021

Nos océans sont de plus en plus pollués, et pour cause : les déchets que nous y jetons et qui s’y accumulent chaque jour un peu plus. Ce n’est pas seulement un problème de pollution, mais également d’accumulation de plastique qui regorgent de milliers de bactéries. Aujourd’hui, cela pourrait représenter un réel risque sanitaire, on vous explique.

Une vue d’ensemble sur ce phénomène

Vous n’êtes pas sans savoir que la pollution marine représente une très grande partie de la pollution mondiale : entre 9 et 12 millions de tonnes de plastique sont répandues chaque année dans les océans. Et ce chiffre ne fait qu’augmenter d’année en année. Voir des bouteilles en plastique sur le bord de mer, des sacs plastiques flotter dans l’eau, c’est devenu des paysages classiques.

Actuellement, les océans contiennent plus de 150 millions de tonnes de plastiques. Si rien ne change radicalement, les océans devraient contenir une tonne de plastiques pour trois tonnes de poissons d'ici 2025 et d'ici 2050, plus de plastiques que de poissons (avec 750 millions de tonnes de plastiques). Un matériau qui met entre 100 et 400 ans pour disparaître.

Ce qu’il faut comprendre c’est que même jetés sur un trottoir en ville, avec les pluies, le vent, les intempéries, 80% de nos déchets sauvages finissent en mer. Une partie est poussée par les courants vers les gyres océaniques, à l'image du vortex géant visible dans le Pacifique Nord et connu sous le nom de septième continent. Découvert en 2013, il s'étend sur une superficie grande comme trois fois la France. Aussi spectaculaires soient-ils, ces continents de plastique ne représentent que la partie visible du phénomène, bien plus étendu et protéiforme en profondeur.

L’impact de la pollution plastique de nos océans

Vous, vous en doutez, toute cette pollution a des grands impacts sur nous et notre environnement. Effectivement, des îles très isolées comme l’île de Pâque voient arriver des tonnes de déchets sur leurs plages chaque jour. Ces détritus, auxquels il faut ajouter les micros-plastiques (débris de moins de 5 millimètres issus de la fragmentation des macro déchets des : sacs d’emballage, bouteilles, filets de pêche, etc) représentent une importante menace pour les écosystèmes marins.

En effet, ces détritus sont ensuite ingérés par nos écosystèmes marins qui se modifient et s’adaptent en fonction de ce qui les entoure. Cela crée d’énormes perturbations par la suite. C’est également une menace pour ceux qui génèrent ces pollutions et modifications : les Hommes.

Professeur Patrick Rampal, président du centre scientifique de Monaco et chef de service hépato-gastro-entérologie du centre hospitalier Princesse Grasse.

Il y a un certain nombre de composés toxiques dans le plastique qui peuvent être des modificateurs endocriniens. Ils peuvent favoriser des règles précoces ou au contraire des règles tardives, des cancers du sein, des problèmes thyroïdiens.

Sans compter sur la pollution chimique, qui, combinée au réchauffement, à l’acidification et à la baisse de salinité des océans, le rend davantage propice à la pullulation microbienne.

Professeur Patrick Rampal

On a par exemple vu en mer Baltique, une mer froide qui était considérée peu atteinte par les problématiques sanitaires, apparaître des épidémies de Vibrio, cousins du microbe du choléra », illustre Patrick Rampal.

A l’avenir, que faire ?

Si l’on n’y prend pas garde, l’océan peut très clairement devenir un environnement pathogène pour nous. Chose très regrettable puisqu’il constitua un véritable réservoir d’innovations pour la médecine. En effet, c’est ce qu’a démontré Mathieu Coulange, un médecin urgentiste spécialisé en médecine maritime. Grâce à des thérapies de plongée sous-marine notamment, ça donne envie n’est-ce pas ? Malheureusement, ces thérapies, et bien d’autres choses encore, pourraient nous être retirées.

L’océan pourrait également contenir encore grand nombre de molécules ancestrales dans les bas-fonds de ce dernier. Molécules qui pourraient potentiellement constituer de véritables ruptures technologiques en médecine, notamment dans la recherche contre le cancer, ajoute le scientifique Franck Zal.

Cet ancien chercheur au CNRS en sait quelque chose : il a découvert chez un ver marin familier originaire des plages bretonnes l’ancêtre de nos globules rouges. La molécule est aujourd’hui utilisée pour augmenter le temps de vie des greffons en attente de transplantation.

Les perspectives sont larges et les océans sont infiniment moins bien connus que les forêts.

François Houllier, président de l’Ifremer

En les dénaturant, on se prive de ressources qu’on ne connaît pas encore et qu’on ne connaîtra peut-être jamais.

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Photo : Adobe Stock

Sources :

Et si les prochaines pandémies venaient du plastique présent dans les océans ?
Au-delà du risque environnemental que représente la pollution plastique, ces déchets servent d’“arche de Noé” pour bactéries et virus en tout genre. Au point de représenter un risque sanitaire réel.
La prochaine épidémie mondiale viendra-t-elle des océans ?
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