La reprise de la chasse aux blaireaux indigne !

news May 26, 2020

Le 11 mai dernier, un arrêté de la préfecture de la Saône-et-Loire autorisa la reprise de la chasse aux blaireaux pour une période allant du 15 mai au 14 septembre 2020. Celui-ci relance ainsi le débat entre l'Association française des équipages de la vénerie sous terre (AFEVST), militant en faveur de cette pratique, et une partie de la population française opposée à cette chasse.

Une "méthode choquante" dénoncée par les milieux politiques et associatifs

Bien qu'étant une espèce classée comme gibier et nuisible depuis 1988, la chasse aux blaireaux suscite de multiples interrogations quant à sa cruauté et à son utilité. En effet, la méthode de la vènerie sous terre consiste à coincer, grâce aux chiens, le blaireau dans son terrier puis à le déterrer et le saisir avec des pinces.

De nombreux abus concernant cette méthode ont été mis en exergue notamment par l'association de protection animale "One Voice". Elle a mis en ligne des images tournées en 2019 dans la région des Hauts-de-France par un membre de l'association infiltré au sein d'un groupe de chasseurs. Muriel Arnal, présidente de "One Voice" décrit la scène :

On voit des choses illégales. Un coup de feu est tiré dans le terrier, ils utilisent un fusil à canon scié et tuent un blaireautin. Quand le blaireautin tressaute, l'homme qui a tiré effectue une danse et chante. Toute la scène de chasse a duré cinq heures et demie. On les voit détruire la nature, alors qu'ils affirment la protéger. (...) Ils boivent, ils sont alcoolisés. C'est un loisir sadique, un plaisir pour ces gens.

Par ailleurs, le milieu associatif n'est pas le seul à dénoncer cette pratique. À la suite de l'arrêté préfectoral du département de la Saône-et-Loire, la section locale d'Europe-Ecologie-Les Verts a diffusé le dimanche 17 mai un communiqué évoquant les modalités de ce type de chasse :

On autorise, à des fins de divertissement, que des blaireaux endurent des heures de stress, terrorisés au fond de leur terrier, gravement mordus par des chiens parfois même déchiquetés vivants pour les petits pendant que les chasseurs creusent pour les atteindre. Ces derniers extraient brutalement les blaireaux du terrier avec des pinces métalliques qui leur infligent d'atroces blessures. Les blaireaux sont alors exécutés avec un fusil ou une arme blanche.

Le député LREM des Alpes-Maritimes Loïc Dombreval a également adressé une lettre à la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, pour demander de "mettre fin à ce mode de chasse totalement contraire à la reconnaissance des animaux comme êtres sensibles". Cette lettre, signée par 21 députés, dont Barbara Pompili et Cédric Villani, s'appuie sur plusieurs pays européens (Italie, Suisse, Espagne...) ayant interdit cette pratique. En utilisant ces pays comme exemple, Loïc Dombreval démontre que la France accuse un retard sur la question du bien-être animal.

Une opinion publique défendant la protection animale

En 2018, une enquête Ipsos commandée par "One Voice" démontra que 73% des Français sondés ne savaient et ne pensaient pas que la vénerie sous terre existait encore. En outre, 83% de ces mêmes Français estiment que celle-ci devrait être interdite. L'ensemble de ces chiffres prouvant une nouvelle fois l'incompréhension et l'indignation concernant la poursuite de ce mode de chasse.

Le département du Bas-Rhin : une exception française

Un exemple français ayant renoncé à cette pratique existe bel et bien. Il s'agit du département du Bas-Rhin dans lequel cette chasse est interdite depuis 2003. Cette espèce fut alors retirée de la liste des nuisibles avec l'accord des chasseurs, grâce à l'Association de protection de l'environnement d'Alsace (LPO) et au Groupe d'étude de protection des mammifères (GEPMA). Une véritable réussite quand on connait la difficulté à convaincre l'ensemble des acteurs sur une même question.

En outre, cette pratique est bien souvent justifiée par certains en raison de la nuisance qu'exerceraient les terriers des blaireaux dans les cultures agricoles et viticoles. Cependant, dans ce département, depuis l'interdiction de cette chasse, la population de cet animal n'a pas proliféré ! Un argument qui devrait normalement suffire à mettre un terme à cette chasse.

Chaque année, environ 22 000 blaireaux sont tués, dont 12 000 par le biais de cette chasse décriée.


Retrouvez tous nos articles news sur notre blog en cliquant ici.


Retrouvez tous nos produits sur : auroremarket.fr

Rejoignez notre communauté sur Facebook et Instagram !

Sources :

L'Express - "C'est un loisir sadique": la reprise de la chasse aux blaireaux indigne jusqu'aux députés

Demotivateur - La reprise de la chasse aux blaireaux agace les militants écologistes qui dénoncent la cruauté de la vénerie sous terre

France 3 - Les blaireaux : des animaux nuisibles ou d'inutiles victimes d'une chasse cruelle ?

Lucile Guerrier

Etudiante et stagiaire en communication - Aurore Market