La précarité menstruelle, parlons-en

news May 24, 2021

Une personne réglée a en moyenne ses règles 500 fois dans une vie. Un véritable coût, qui oblige beaucoup à s'en passer ou à recourir à des méthodes dangereuses.

Qu'est-ce que la précarité menstruelle ?

La précarité menstruelle est la difficulté d’accès ou le manque total d'accès des personnes réglées aux protections hygiéniques par manque d’argent. Des millions de femmes y sont confrontées à travers le monde, et cela a de nombreuses conséquences sur leur vie.

Une personne réglée a ses règles en moyenne 500 fois dans une vie : cela équivaut à environ 10 000 protections périodiques utilisées, soit un véritable coût pour les plus précaires qui sont parfois obligées de s’en passer. Sans emploi à revenus fixes, sans-abris ou étudiant.e.s : il faut souvent se passer de protections hygiéniques. Le coût de ces produits peut représenter jusqu’à 5 % du budget restant, après avoir payé le loyer, la nourriture et les transports.

Le tabou qui entoure les règles se lève doucement et se place en tant que vrai enjeu politique et économique dans notre monde moderne. L’expression “précarité menstruelle” était réservée aux régions du monde les plus pauvres, ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Le débat est lancé en France

Saviez-vous que jusqu’au 1er janvier 2016, les protections menstruelles étaient taxées à 20 %, comme les produits de luxe ? Suite à la pression de plusieurs collectifs féministes, et après un premier rejet à l’Assemblée Nationale, après cette date, la TVA sur ces protections a été ramenée à 5,5 %. Aujourd’hui, de plus en plus d’associations féministes réclament la gratuité des protections menstruelles.

Début 2019, une proposition de loi a été déposée en ce sens, et en mai 2019, le gouvernement s'est penché sur une “stratégie de lutte contre la précarité menstruelle”.

Mais bonne nouvelle ! Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, a dévoilé que les protections périodiques seront gratuites à la rentrée prochaine pour les étudiant.e.s. Une décision qui s'inscrit dans le cadre de la lutte contre la précarité des jeunes.

Les résidences universitaires du Crous et les services de santé universitaires seront équipés en distributeurs de protections hygiéniques. Cette mesure s'accompagnera d'une campagne de communication et d’après la ministre, ces protections seront “respectueuses de l'environnement”.

Frédérique Vidal a annoncé lors d'une rencontre à Poitiers avec des étudiants:

On vise 1 500 distributeurs et une gratuité complète à la rentrée. C’est un objectif ambitieux mais réaliste, pour une mesure pérenne dont le coût est estimé autour de 15 millions par an.

Le prix des règles

Pendant ce temps, le poids des protections périodiques pèse encore lourd dans le budget. Selon un article du Monde paru le 2 juillet 2019 : « Précarité menstruelle : combien coûtent les règles dans la vie d’une femme ? », les règles coûtent environ 3 800 € dans une vie et coûteraient en moyenne 10 € par mois.

Ce montant ne tient pas compte du montant non remboursé par la Sécurité Sociale des visites gynécologiques, des anti-douleurs, des éventuels vêtements ou linge de lit tachés qu’il faut remplacer etc… De plus, il prend en compte une consommation moyenne de protections menstruelles “classiques”.

Aujourd’hui, de nombreuses personnes se tournent vers les serviettes hygiéniques lavables, la cup menstruelle et les culottes menstruelles, à la fois pour des raisons environnementales, de santé, mais également pour leur aspect économique.

Par exemple, prenons la culotte menstruelle ou la cup :

  • Une culotte coûte environ 30 à 40 € et il en faut au moins 4 pour tourner, disons 5 pour le faire confortablement. Si on se fie au chiffre avancé par l’article du Monde qui dit que le coût des règles est de 10 € par mois, les 5 culottes sont amorties en 15 mois, et elles durent des années.
  • L’écart est encore plus flagrant avec la cup menstruelle, car elle coûte généralement moins de 30 €, et on n’en a besoin que d’une seule durant 5 ans.

Le problème, c’est que ces achats, même s’ils sont rentables à moyen terme, représentent quand même un investissement de départ que beaucoup de personnes en situation de précarité ne peuvent se permettre.

Vrai enjeu de santé, l’accès aux protections périodiques constitue également un enjeu de solidarité et d’égalité des chances. Le combat contre la précarité menstruelle a donc plusieurs facettes : problème de santé publique, mais aussi d’égalité ainsi que de justice sociale. Des initiatives naissent de plus en plus au fil des années, le tabou se lève et les choses changent. Des entreprises, associations ou influenceurs se battent quotidiennement pour une égalité d’accès à des protections menstruelles et ça paye. Le gouvernement a entendu et des changements sont en action. Ce n’est que le début !


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Images : Unsplash

Sources :

https://www.marieclaire.fr/precarite-menstruelle,1325390.asp

https://www.caf.fr/allocataires/vies-de-famille/accident-de-vie-precarite/difficultes-financieres/la-precarite-menstruelle-et-si-on-en-parlait

https://www.lepoint.fr/societe/les-protections-periodiques-seront-gratuites-pour-les-etudiantes-23-02-2021-2415111_23.php

https://socup.fr/blog/precarite-menstruelle-en-francehttps://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/brisons-le-tabou-des-regles-et-de-la-precarite-menstruelle/