Malgré la Loi Alimentation d'Octobre 2018, visant à stopper la guerre des prix chez les distributeurs français en bio, les grandes surfaces et magasins spécialisés se battent pour les parts de marché, quitte à négocier durement les prix. Quelles en sont les conséquences et est-il possible de contourner cette concurrence ?

Une guerre des prix du bio toujours aussi vive

Les Français s’intéressant davantage au bio, la demande explose et les distributeurs se disputent les parts de marché, grandes surfaces comprises. L’intérêt du bio pour les consommateurs s’explique par les aspects écologiques et sanitaires (retrouvez notre article « Pourquoi dit-on que le bio est bon pour la planète ? »), les producteurs français, eux, peuvent bénéficier d’une meilleure rémunération.

A l'automne 2018 est publiée la Loi Alimentation, visant à développer l’agriculture biologique, tout en mettant en place des mesures pour limiter cette guerre des prix. Les prix des produits ne pourront être réduit que jusqu’à 25% ou 34% suivant les conditions, et le produit devra être vendu à son prix minimum auquel on ajoute 10%  par exemple.(1) Des obligations qui n’empêchent pas les grandes distribution de négocier fort dès le départ.

Cette pression s’exerce d’abord sur les tarifs :  28% des entreprises bio se voient ainsi réclamer une baisse de tarif avant toute discussion. A l’issue des premiers rounds de négociation, cet indicateur monte à 40%.

Sans parler de la pression exercée lors d'un retard ou d'un manque d'approvisionnement. C'est ce que déclare le Synabio, le syndicat principal de la bio qui regroupe environ 200 entreprises dans son communiqué de presse du 21 Janvier 2019.  Une loi, certes louable, mais qui pèse une nouvelle fois sur les agriculteurs et qui ne profitent donc pas de cet avantage économique que peut offrir l'agriculture biologique. Une conséquence toutefois prévisible quand on voit que Leclerc en 2018 comptait doubler son chiffre d’affaire d’ici 2022, et que Carrefour souhaitait le quadrupler. (2)

Contrecarrer l’évolution de l’agro-alimentaire conventionnel soit, mais à quel prix ?

Une démocratisation du bio au détriment de ses valeurs

Cette baisse des prix permet certes à plus de monde d’avoir accès aux produits bio, mais c'est sans garanties du respect des valeurs de la bio.

J’ai pris l’exemple plus haut de l’impact que cela a sur les producteurs et les entreprises bio qui se voient obligés de revoir leurs tarifs à la baisse pour vendre. Les producteurs qui étaient passés à l’agriculture bio entre autres pour une meilleure rémunération se voient obligées de revoir leurs attentes à la baisse.

Aller chercher des prix plus bas peut également nécessiter d’aller chercher ses produits ailleurs : les produits bio hors Europe sont-ils produits sous les mêmes normes que chez nous ? A quel type de bio avons-nous affaire ? La confiance des consommateurs en est touchée : Peut-on appeler un produit « bio » s’il ne respecte pas la condition de durabilité écologique ?

Est-il possible de contourner ce problème ?

Il n’est pas évident de ne pas alimenter cette concurrence des prix lorsque l’on veut se fournir : toutes les entreprises de ce domaine se partagent le marché du bio, et donc subissent cette concurrence. Ça ne veut cependant pas dire que toutes abusent des mêmes pratiques : beaucoup d’enseignes spécialisées dans le bio n’hésite pas à avoir des prix plus élevés, les AMAP se développent pour permettre à l’agriculteur de choisir son prix de vente, un système de commerce équitable se développe pour assurer un meilleur pouvoir de négociation etc... Il suffit simplement de s’informer auprès de votre distributeur !

Chez Aurore Market, c’est grâce à un système d’adhésion et de commande par gros volumes que nous arrivons à descendre les prix de nos produits. L’objectif est de rendre la bio accessible sans toucher au revenu des producteurs ! Quant à l’origine de nos produits, je vous invite à jeter un œil à notre dernier article. Nous ne lésinons pas sur la qualité des produits, et encore moins sur les certifications !


(1) Synabio

(2) Terre-net

Autre : Le Monde