En mai 2019 nous avons assisté à l'événement "De la Terre à l'assiette" organisé à la REcyclerie (Paris) dans le cadre de la campagne 1 an pour le climat organisée par Bleu Blanc Zèbre, Ca commence par moi, Pik Pik Environnement, et dont Aurore Market est partenaire. Florent Guhl y est intervenu, nous en avons donc profité pour le rencontrer et lui poser quelques questions. Il est président de l'Agence Bio, l' Agence Française pour le Développement et la Promotion de l'Agriculture Biologique qui capitalise les informations et fait le plaidoyer de l'agriculture biologique dans le but de la développer et de la structurer.


Retrouvez l’interview d’Alain Delangle de Campacity ainsi que celle de Frédéric Farré de Confortablement Ignorant, tous deux présent à ce même événement.

Bonjour M.Guhl. Merci de prendre le temps de répondre à nos questions. Pour commencer, pourriez-vous vous présenter ?

Je suis Florent Guhl, président de l'Agence Bio. J'habite à Paris depuis 10 ans, et je suis passionné de cinéma et de voyages !

Je suis devenu président de l'Agence Bio il y a trois ans. J’ai commencé ma vie professionnelle dans le domaine de l’eau et plus particulièrement par les réseaux d’eau potable avec notamment une thèse qui m’a amené à participer à de nombreux colloques internationaux. Puis j’ai appuyé des collectivités en Gironde dans l’installation de l’assainissement et enfin j’ai été au Ministère de l’agriculture pendant 10 ans avant de diriger l’Agence Bio à partir de juillet 2016.

Quel est le rôle de l’Agence BIO ?

L’Agence Bio a un rôle important de communication auprès du grand public pour informer sur ce qu’est l'agriculture biologique et les produits bio. Cela concerne les règles de production, la réglementation mais pas seulement. C’est aussi de valoriser des initiatives vertueuses permettant de construire une bio résiliente. Le but étant à terme bien sûr de développer l'agriculture biologique en France, autant du côté de la consommation que du côté de la production.

Comment expliquez-vous la croissance fulgurante des produits bio ?

La consommation des français en produits bio est encore aujourd’hui très contenue, elle représente à peine 5 % de l’alimentaire total, même s'il est vrai qu'on note une sensible augmentation. Chaque consommateur en France consomme en moyenne 140 € de bio par an, tout point de vente confondu. La production biologique se développe car de nombreux agriculteurs français sont intéressés par cette méthode de production, et que de nombreux consommateurs y trouvent un intérêt sanitaire et/ou écologique à consommer bio.

De nombreuses rumeurs circulent sur les réseaux sociaux qui décrédibilisent la bio, notamment en appuyant sur l’autorisation de certains pesticides naturels - nocifs ? - qui sont autorisés en bio ( comme sulfate de cuivre…). Qu’en pensez-vous ? Quelles sont les études scientifiques sur cette question ?

Les réseaux sociaux comme on l’a vu récemment ne sont pas tout à fait neutres sur la questions des pesticides. Par exemple la question du Cuivre, qui me semble sous-entendue dans votre question, n’est pas un sujet spécifique à l’agriculture biologique. Suivant les chiffres seuls 10 à 15 % des consommations de produits à base de cuivre seraient dues à l’agriculture bio.

En lien avec la question précédente, peut-on faire autant confiance à un produit issu de l’agriculture biologique française, UE, et non-UE? Cette question de confiance revient souvent chez nos adhérents face au Bio des grandes surfaces.

Pourquoi vos adhérents ont-ils des doutes sur le sérieux et la qualité du travail d’agriculteurs non français et en particulier les agriculteurs des pays du Sud ?

Oui, les réseaux sociaux encore une fois, il y a une certaine méfiance dans la labellisation hors UE, un doute sur la fiabilité des contrôles qui pourtant sont effectués par des instances européennes si je ne me trompe pas !

Comment se déroule la labellisation d’un produit bio non-UE ?

Pour qu’un produit bio venant de pays tiers soit labellisé il faut qu’il respecte la réglementation européenne qui prévoit deux choses complémentaires un cahier des charges et des contrôles sur le même modèle que dans les pays membres de l’UE. [Les organismes de contrôles accrédités par l'UE ont des antennes dans plusieurs dizaines de pays d'exportation vers l'Europe.]


Si vous souhaiter en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’Agence Bio et la page questions fréquentes