Initiative vendéenne : ils font de la porcelaine avec des coquilles d’huîtres

news Mar 23, 2021

L'entreprise Alegina va lancer une levée de fonds pour la construction d'une usine 4.0 en Vendée en 2024, après leur succès de fabrication de porcelaine avec des coquilles d’huîtres.

Projet surprenant : ils ont décidé de donner une seconde vie à la coquille d’huîtres ! Une idée née de l’association de trois cerveaux : Philippe Gaboriau, ancien fonctionnaire territorial et ex-maire d’une commune vendéenne, Thierry Didelon, à la tête de Didelon Machines Outils au Poiré-sur-Vie (Vendée) et Dominique Girardeau, céramiste de la région.

Ensemble, ils ont créé Alegina en 2018 et, à partir de coquilles d’huîtres, cette start-up vendéenne a mis au point trois types de matériaux : une pâte à porcelaine, un revêtement de chaussée et un substrat pour toiture végétalisée.

C’est fin 2016 que les trois associés ont eu cette idée. Philippe Gaboriau l’explique :

On considère l’huître comme une matière première et non comme un déchet. On propose de se réapproprier la coquille, c’est un projet qui a séduit la profession ostréicole. C’est finalement la meilleure manière pour qu’il y ait un geste de tri. Les ostréiculteurs ne demandent que ça.

Il avoue avoir toujours eu la passion pour les coquillages et une certaine sensibilité environnementale. Jusqu’à la création de l’entreprise en 2018, les trois hommes s’informent, prennent des contacts, découvrent, s’interrogent beaucoup : « Y a-t-il vraiment un marché ? Que peut-on faire avec ces coquilles ? »…

Après de nombreuses difficultés, qui n’ont fait que décupler leur envie de réussir, c’est la victoire, ils sortent enfin leur premier prototype. D’autant qu’ils sont soutenus notamment par la région Pays-de-la-Loire.

Une porcelaine de grande qualité, d'ores et déjà très convoitée

Pour la porcelaine, ils travaillent avec des céramistes installés à Limoges. La pâte, appelée kaomer, donne une porcelaine de grande qualité servant à concevoir des bijoux, des services pour les arts de la table etc...

Par soucis de confidentialité, Philippe Gaboriau ne souhaite pas en dire davantage sur le procédé de fabrication mais il se confie sur le succès de son entreprise :

Le monde du luxe, des plasticiens, des chefs étoilés... viennent à nous. Des contrats se finalisent actuellement.

Rapidement, les commandes se multiplient et l’unité de production située au Poiré-sur-Vie va vite devenir trop petite pour répondre à la forte demande. A tel point que les trois associés, qui seront bientôt quatre, prévoient la construction d’une usine 4.0 sur une superficie de 2.000 à 3.000 m2, pour 2024 aux alentours de La Roche-sur-Yon. Les dirigeants, entourés désormais d’un ingénieur chimiste et de nombreux prestataires (entre autres, designers et plusieurs céramistes), envisagent également une levée de fonds de trois millions d’euros d’ici à la fin de l’année pour financer ce projet.

Reste maintenant à gérer l’approvisionnement en coquilles d’huîtres ! Environ 190 000 tonnes d'huîtres sont produites en France chaque année, 130 000 tonnes sont commercialisées et la plupart de ces coquilles invendues sont incinérées ou enfouies. Ce qui n’est pas une solution économique et écologique viable sur le long terme. Des discussions ont ainsi été entamées avec les différentes collectivités du territoire pour trouver une filière de collecte, qui garantirait une matière première locale, propre et responsable !

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les nouvelles initiatives en matière d’écologie ne manquent pas d’originalité. Il y a tant de gaspillage invisible, des choses dont on ne se rend même pas compte qui pourraient être réutilisées ou transformées. Encore un beau projet !


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Photo : Adobe stock

Sources :

Une seconde vie pour les coquilles d’huîtres, transformées en porcelaine
L’entreprise Alegina va lancer une levée de fonds pour la construction d’une usine 4.0 en Vendée en 2024