Greta Thunberg, militante écologiste, était invitée hier à l'Assemblée Nationale. La présence de cette jeune activiste devant nos dirigeants a t-elle eu l'impact désiré ?

Greta Thunberg, une jeune activiste porte-parole des actions pour le climat

Vous l'avez sûrement déjà vue sur les réseaux sociaux, cette jeune suédoise de 16 ans qui a décidé de faire grève de l'école tant qu'aucune action en faveur du climat ne sera prise. "Pourquoi aller à l'école, s'il n'y a pas de futur ?"

Depuis plusieurs mois, elle fait le tour du monde en accordant des interviews ou en se rendant à des grands meetings. Son objectif est de sensibiliser les populations et surtout de faire réagir les pouvoirs qui ont les moyens d'agir sur le changement climatique. Si son activisme subit de nombreuses critiques, notamment sur la façon dont elle a été médiatisée si vite et sur sa façon dont elle semble être "utilisée" par ses parents ou les médias, il est indéniable qu'elle est aujourd'hui la porte-parole de la lutte pour le climat.

À ce jour, elle n'est pas la première jeune activiste écologique de l'Histoire mais elle représente toute une génération qui vit dans la peur de voir l'Humanité s'éteindre. Certains jeunes souffrent même de solastagie et vivent dans l'angoisse d'un monde qui se détériore. Ils sont nombreux à s'être mobilisés lors des nombreuses manifestations organisées partout dans le monde, sous le hashtag #FridaysForFuture.

L'inaction des gouvernements pour agir en faveur du climat

En France, un sentiment d'abandon émerge peu à peu... Après la démission successive de deux ministres de la transition écologique et solidaire, la présence de la jeune Greta divise les partis politiques.

« J’appelle mes collègues députés à boycotter Greta Thunberg à l’Assemblée nationale, avait lancé, samedi, Guillaume Larrivé. Pour lutter intelligemment contre le réchauffement climatique, nous n’avons pas besoin de gourous apocalyptiques, mais de progrès scientifique et de courage politique. » (1)

Pour Sébastien Chenu, du Rassemblement National, Greta est même une "escroquerie intellectuelle". Même la gauche est divisée sur ce point. Elle répond à ces critiques dans son intervention à l'assemblée nationale du 23 Juillet 2019, en insistant sur le fait qu'elle ne fait que communiquer des faits scientifiques du rapport du GIEC (qu'ils sont censés avoir lu), et que la moindre des choses en temps de crise climatique, serait de se rallier derrière la science.

Greta Thunberg, invitée à l'assemblée nationale

Greta était donc invitée hier par le député Matthieu Orphelin à l'assemblée Nationale. Elle a d'abord eu un entretien d'une trentaine de minutes avec le président de l'Assemblée Nationale Richard Ferrand, avant d'aller débattre dans une salle du Palais-Bourbon. Enfin, elle a participé à la traditionnelle séance des questions à la tribune d'honneur. Elle était accompagnée de trois militants issus du mouvement Youth for Climate (Ivy Fleur, Virgile Mouquet et Alicia Arquetoux), et de la climatologue et membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) Valérie Masson-Delmotte.

Dans son discours, elle utilise l'exemple du budget carbone pour mettre en avant l'inefficacité des actions prévues actuellement pour gérer la crise climatique. On note les expressions provocatrices que Greta utilise pour faire réagir les hommes politiques. La jeune fille suppose qu'ils manquent sûrement de "maturité" pour ne pas avoir lu le dernier rapport du GIEC, qui est "le fondement du futur de notre civilisation."

Des climatologues, des observations scientifiques, des jeunes qui manifestent, d'autres qui arrêtent l'école pour élever leur voix... De plus en plus de personnes se mobilisent pour essayer de remuer la sphère politique. Juste avant son discours, Brice Lalonde, militant écologiste et sous-secrétaire général de l'Organisation des Nations unies entre autres, intervient d'ailleurs sur cet événement, avec une note grave :

"Malheureusement, ce n'est pas ça qui va faire changer les choses (...) ceux qui l'ont invité, c'est eux qui devraient changer les choses !"

Retrouvez ici l'intégralité du discours :

N'hésitez pas à rejoindre la communauté Aurore Market, pour participer à la démocratisation de l'agriculture biologique ! Consommer bio est une manière d'agir en faveur du climat. Vous aussi, à votre échelle, vous pouvez changer les choses !


Sources :

BFM TV

France 24

Le Monde (1)