Environnement : les ours polaires pourraient disparaître d'ici 2100

news Jul 22, 2020

Une étude publiée récemment dresse un futur alarmant pour les ours polaires... En effet, elle estime qu'ils pourraient disparaître quasi-totalement d'ici 2100 en raison du réchauffement climatique.

Le réchauffement climatique en cause

Une étude publiée le lundi 20 juillet dans la revue Nature Climate Change met en exergue la menace qui pèse sur les ours blancs : celle de la disparition de leur habitat, la banquise, où ils attrapent les phoques, base de leur alimentation.

Cet animal, bien que capable de jeûner pendant des mois en particulier pendant l'été où la banquise fond chaque année, se retrouve directement impacté par le réchauffement climatique. En effet, la fonte des glaces est deux fois plus rapide en Arctique et son absence dure ainsi plus longtemps. Les ours peinent donc à trouver de quoi se nourrir et sont alors affamés.

Par ailleurs, cette fonte de la banquise touche notamment les femelles, qui, à l'automne, entrent dans leur tanière pour accoucher en hiver et ressortent au printemps avec leurs petits.

Steven Amstrup, l’un des auteurs de l’étude et scientifique en chef de l'ONG Polar Bears International pour l'Agence France Presse (AFP) :

Elles doivent alors attraper assez de phoques pour stocker suffisamment de gras et produire suffisamment de lait pour nourrir leurs petits pendant tout le jeûne de l’été.

Peter Molnar, chercheur à l’université de Toronto :

En estimant le poids maximal et minimal des ours et en modélisant leur dépense énergétique, nous avons calculé le nombre limite de jours de jeûne que peut supporter un ours polaire avant que le taux de survie des adultes et des petits commence à décliner.

Ainsi, un mâle de la sous-population de la baie d'Hudson avec un poids de 20 % en dessous de la normale au commencement de son jeûne, ne parviendrait à survivre que 125 jours contre 200 actuellement.

Il existe aujourd'hui 25.000 ours polaires répartis en 19 sous-populations au Canada, en Alaska, au Groënland, en Sibérie et au Svalbard (Norvège). Selon cette étude, ces différentes sous-populations ne seront pas touchées par le réchauffement climatique au même rythme. En revanche, si les émissions de CO2 se poursuivent aujourd'hui à la même cadence "la chute de la reproduction et de la survie va mettre en danger la persistance de presque toutes les sous-populations d’ici 2100" (sauf éventuellement l'île de la Reine-Elizabeth).

Enfin, même si le réchauffement se limitait à 2,4 degrés par rapport à l'ère préindustrielle, le chercheur Steven Amstrup démontre que cela "ne garantirait pas de sauver les ours polaires à long terme".

Steven Amstrup, l’un des auteurs de l’étude et scientifique en chef de l'ONG Polar Bears International pour l'Agence France Presse (AFP) :

Si, par magie, même avec l’augmentation des températures, la banquise se maintenait, ça irait probablement pour les ours polaires. Mais leur habitat fond littéralement avec la montée des températures.

Des températures qui augmentent de plus en plus

Depuis l'ère préindustrielle, la température de la planète a augmenté de plus de 1 degré entraînant par conséquent des canicules, des sécheresses et des inondations. La multiplication de ces événements météorologiques extrêmes risquent de s'aggraver pour chaque demi-degré supplémentaire.

De plus, même si l'ours blanc était classé comme "en danger critique" sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), le destin de cette espèce ne serait pas modifié.

Steven Amstrup, l’un des auteurs de l’étude et scientifique en chef de l'ONG Polar Bears International pour l'Agence France Presse (AFP) :

On ne peut pas construire une clôture pour protéger les ours polaires de la température qui monte.

Pour préserver les ours polaires, certains scientifiques préconisent une réintroduction d'animaux élevés en captivité ou encore leur déplacement vers l'Antarctique, alors que d'autres estiment ces manoeuvres infaisables.

Steven Amstrup, l’un des auteurs de l’étude et scientifique en chef de l'ONG Polar Bears International pour l'Agence France Presse (AFP):

Il faudra peut-être envisager d’abattre les derniers ours polaires, au lieu de les laisser mourir de faim.

Retrouvez tous nos articles news sur notre blog en cliquant ici.


Retrouvez tous nos produits sur : auroremarket.fr

Rejoignez l'Aurore Market Family sur Facebook et Instagram !

Source image : Unsplash / Hans Jurgen Mager

Sources :

Une étude estime que les ours polaires pourraient presque totalement disparaître d’ici à 2100
Les recherches publiées lundi dans « Nature Climate Change » se penchent sur la plus grande menace qui pèse sur les ours blancs : la disparition progressive de leur habitat, la banquise, d’où ils attrapent les phoques, indispensables à leur alimentation.
Vers l’extinction des ours polaires d’ici 2100
Journée internationale de l’ours polaire: Pourquoi ça urge
Réchauffement climatique: pourquoi l’extinction des ours polaires est inexorable
Selon les chercheurs, même dans un scénario plus favorable l’extinction de ces plantigrades ne serait que repoussée.

Lucile Guerrier

Etudiante et stagiaire en communication - Aurore Market