Costa Rica : la ville de Curridabat accorde la citoyenneté aux pollinisateurs et végétaux

news May 28, 2020

Une municipalité du Costa Rica, Curridabat, a récemment accordé la citoyenneté aux pollinisateurs et aux végétaux. Une avancée considérable pour les droits des entités naturelles !

Le Costa Rica : un exemple en terme de politique écologique

Même si ce petit pays d'Amérique centrale ne couvre que 0,03% du territoire mondial, il héberge aujourd'hui plus de 6 % de la biodiversité connue de notre planète. En effet la forêt recouvre aujourd'hui 52% de son territoire.

Depuis les années 1990, le gouvernement encourage le reboisement et la protection de la biodiversité. Il a choisi de faire de ce patrimoine naturel, la pierre angulaire d'un tourisme durable et d'un modèle de lutte contre le réchauffement climatique. Le "droit à un environnement sain et écologiquement équilibré" est ainsi inscrit depuis 20 ans dans la Constitution du Costa Rica. En outre, le pays puise déjà 98% de ses besoins en énergie de sources renouvelables (hydro-électricité, éoliennes, etc) et souhaite, d'ici 2050, atteindre la neutralité carbone.

Un exode rural néfaste pour l'environnement

Cependant, la nation rencontre tout de même des problèmes impactant l'environnement. En effet, depuis une vingtaine d'année, il connait un exode rural important vers sa capitale, San José, concentrant alors la moitié de la population. Ces déplacements conséquents, motivés par le chômage et le monopole de l'agriculture par des firmes étrangères, ont accru la pollution et provoqué une urbanisation démesurée.

Carlos Manuel Rodriguez, ministre de l'Environnement :

En quinze ans, nous sommes passés d’une société rurale à une société urbaine, et nous n’étions pas prêts pour un changement aussi rapide.
Volcan Arenal

Une citoyenneté reconnue aux végétaux et pollinisateurs

La ville de Curridabat a pour sa part décidé d'accélérer sa transition écologique. Cette ville de 34 000 habitants vient « d’étendre la citoyenneté aux pollinisateurs, aux arbres et aux plantes indigènes ». Cela fait alors de ce territoire, « un refuge pionnier de la faune urbaine » comme l'explique le journal The Guardian.

Ces espèces (abeilles, papillons, chauves-souris, colibris, figuiers, eucalyptus, etc) sont devenues des citoyennes de cette municipalité. Elles sont, par conséquent, considérées comme des agents fournissant des services écosystémiques essentiels pour le bien de la communauté (production d'oxygène, pollinisation, entretien de la biomasse...). Elles disposent ainsi de nombreux droits et peuvent être défendues.

L'attribution de cette citoyenneté aux espèces n'est que le début d'un projet plus large, celui de la création d'un réseau de corridors biologiques.

Municipalité de Curridabat :

(Nous voulons, ndlr) orienter les projets de reboisement sur les lieux où vivent les résidents âgés et les enfants afin de s’assurer que ceux-ci bénéficient de l’élimination de la pollution atmosphérique et du refroidissement que les arbres fournissent.

Ces zones au sein de la ville permettraient aux pollinisateurs et végétaux de proliférer et de se reproduire. À la fin, ce projet devrait concerner tous les quartiers et rues de la municipalité et multiplierait les écosystèmes.

Magalli Castro Alvarez, responsable du réseau de corridors biologiques du Costa Rica :

Les corridors biologiques interurbains ont un double objectif. Ils suscitent une connectivité écologique [une non-fragmentation des milieux, ndlr] et consolident aussi les infrastructures vertes, au moyen des routes et des berges bordées d’arbres qui sont reliées aux petites aires boisées existant encore dans les zones métropolitaines. Ils améliorent la qualité de l’air et de l’eau et procurent aux gens des espaces de détente, d’amusement et de santé.

Dans le monde, d'autres exemples de renforcement des droits de la nature

Le Costa Rica n'est pas la seule nation à reconnaître et à renforcer les droits des entités naturelles. En effet, en 2017, le Parlement de Nouvelle-Zélande a octroyé au fleuve Whanganui le statut "d'entité vivante". Ce fleuve sacré pour les Maoris dispose aujourd'hui des mêmes droits qu'un être humain. Il peut être défendu en justice, les membres de la tribu maori en sont les gardiens et des plaintes peuvent être déposées en son nom.

La Colombie a aussi affirmé les “droits” d’un grand fleuve, l’Atrato, dans le cadre d’une politique publique visant à le protéger.


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Sources :

ConsoGlobe - Abeilles, papillons et plantes indigènes, citoyens d’honneur à Curridabat au Costa Rica

Courrier International - La bonne nouvelle. La nature a des droits, c’est désormais la loi

La Relève et la Peste - Costa Rica : une ville reconnaît la citoyenneté des pollinisateurs et végétaux

The Guardian - 'Sweet City': the Costa Rica suburb that gave citizenship to bees, plants and trees

Lucile Guerrier

Etudiante et stagiaire en communication - Aurore Market