Suite à l’émergence des circuits courts et à une prise de conscience environnementale grandissante, le mot « empreinte carbone » s’est généralisée, et les nouveaux modèles de consommations sont remis en question pour ne pas réitérer les erreurs des modèles actuels. Quand on entend « commerce équitable », on imagine assez vite un producteur des pays dits "du Sud", un long transport du produit, et donc automatiquement un fort impact négatif sur l’environnement. Afin de bien étudier la question de la part du commerce équitable sur le réchauffement climatique, il faut se poser d’abord cette question : dans le cadre du commerce international, quelles sont les sources de pollution ? Sans dédouaner le commerce équitable de certains impacts environnementaux, il est tout de même nécessaire de prendre du recul.

Le commerce équitable : des produits que l’on ne trouve pas au Nord

Les produits que vous trouvez en commerce équitable concernent en grande partie des produits que nous n’avons pas dans l’hémisphère Nord de la planète. Le café, cacao, thé etc… sont nécessairement produits dans des pays où le climat leur est favorable. Si le consommateur achète du café, qu’il soit équitable ou non, il fera le même trajet. L’idéal pour minimiser son impact carbone est de faire attention à ce que l’on achète : de saison, local. Mais on ne peut pas tout trouver localement. Ce que l’on a pas ici, on peut le trouver ailleurs, et produit dans de bonnes conditions.

Un exemple flagrant est la production de roses. Vous trouverez en supermarché des roses commerce équitable en plein hiver. Ou des roses en conventionnel qui viennent des Pays-Bas. L’une a fait le trajet en avion, l’autre a grandie en serre chauffée. La production de cette rose en serre chauffée pollue 5 à 6 fois plus que son trajet en avion depuis le Kenya. La préoccupation principale à avoir ici serait davantage : avons-nous besoin de roses en hiver ?

Le commerce équitable Nord/Nord

Si l’imaginaire collectif pense que le commerce équitable correspond uniquement à des produits de l’hémisphère sud, le commerce équitable, depuis 2014 en France, regroupe aussi une dimension Nord/Nord. Grâce à Agri-Ethique, les produits français peuvent aujourd’hui être certifiés commerce équitable par exemple. Toutes les dimensions du commerce équitable sont transposées sur ce modèle : justice sociale, aide au développement, juste rémunération etc…

Acheter des produits issus du commerce équitable ne veut donc pas nécessairement dire qu’ils viennent de loin.

Les agriculteurs des pays du Sud, premiers touchés par le réchauffement climatique

Si le climat fait partie des préoccupations du commerce équitable, c’est aussi parce que les producteurs des pays dits "du Sud" sont les premiers concernés. Ils subissent des épisodes climatiques extrêmes de plus en plus fréquemment, les écosystèmes se fragilisent (espèces invasives, espèces en voie d’extinction etc..), les problèmes liés aux ressources en eau s’accroissent. Tout cela se traduit inévitablement par une baisse de la production. C’est pour ces raisons que les acteurs du commerce équitable, lorsqu’ils accompagnent des producteurs, privilégient les cultures traditionnelles, limitent les intrants chimiques, préservent les écosystèmes en utilisant l’agroforesterie par exemple, et utilisent les ressources de manière durable. De plus, les producteurs, par le commerce équitable, bénéficient d’une prime d’aide à la conversion en agriculture biologique.

Le commerce équitable touchant en grande partie les petits producteurs, l’idée n’est donc pas d’élargir ces productions pour en faire de l’agriculture intensive, mais bien de préserver leur environnement.

Quelques chiffres

L’agriculture participe à 25% des émissions mondiales de GES. Parmi ces 25%, environ 8% concerne le rejet de méthane (en grande majorité rejetée suite à la digestion animale, et en petite partie suite à l’irrigation des rizières). 6,3% de ces 25% concerne la déforestation.

Pour l’agriculture française, c’est l’utilisation d’engrais et de pesticides qui est la première cause de contribution au réchauffement climatique. Le secteur agricole et alimentaire en France émet 23% des GES françaises. 29% est dû à l’agriculture, 28% est causé par l’élevage et l’alimentation des animaux, et 11% est causé par les déplacements en voiture des individus pour effectuer leurs courses.

Même si le commerce équitable a en effet un impact non-négligeable sur le réchauffement climatique, il est important de prendre du recul et de se rendre compte des domaines sur lesquels nous devons agir en priorité.

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Sources : FAIR(e) un monde équitable