“- Je suis libre. Je peux aller et venir à ma guise.
- À Maguise ? C'est où, Maguise ? Tu m'y emmèneras ?
Elle éclata de rire :
- Ma guise, c'est partout. C'est où on veut. Je t'y emmènerai.”

Un car s'est arrêté au feu. Il en passe si peu le dimanche. De ma fenêtre, je le vois redémarrer, des silhouettes penchées contre la vitre ou sur un écran, sont secouées par le redémarrage. Ils sont chanceux, je me dis, ils sont confortables, il ne vont pas au combat d'hiver, eux. Ils ne retournent pas à la capitale participer à la révolte. En effet, sur ma table de nuit, entre la première et la dernière couverture, le marque-page avait arrêté le temps. Milos était mourant et venait de voir sa vie défiler dans ses yeux. Le combat dans l'arène avait été éprouvant, et hors du commun – perso principal oblige.

Je pensais Helen dans l'arène, je pensais Milena avec elle et je pensais que celle-ci se mettrait à chanter, pour faire lever la foule, si obéissante au spectre de l'ancienne leader, et arrêter les massacres. Mais non, il faut se rappeler, les combats dans l'arène ne sont accessibles que par ceux de la Phalange, les dirigeants, les privilégiés, ceux qui avaient tués pour régner. Pourtant, plus loin, c'était là qu'Helen se trouvait, là où la révolte allait reprendre.

Après tant d'années, le peuple allait se soulever contre la barbarie. Il fallait “rester ensemble et se battre”. Il fallait garder espoir, car dans trente pages, dans trente petites pages - ce soir - l'histoire finira bien.

Un récit merveilleux, et qui résonne si fort avec l'actualité. On se laisse vite emporter par la plume de Jean-Claude Mourlevat et la douceur des personnages. Si vous souhaitez changer du classique Harry Potter en ce mois de Décembre, je vous recommande chaudement Le Combat d'Hiver.

Le chauffeur, après un regard mauvais jeté dans son rétroviseur, éteignit les veilleuses, et il n'y eut plus soudain que la lumière jaune des phares dans la nuit et le ronflement entêté du moteur. Cela sentait le vieux cuir, les gaz d’échappement et la transpiration.
- C’est ça, la liberté ? chuchota Milena
- C’est ça, répondit Bartoloméo, Comment tu la trouves ?
- Délicieuse, et toi ?”

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