Suite au cyclone Idai de mars dernier, on s'interroge : Beira serait-elle la première ville du monde dévastée par les changements climatiques ?

Le désastre du cyclone Idai

Dans la nuit du 14 au 15 mars dernier, le cyclone Idai a touché le Mozambique et le Zimbabwe, faisant plus de 700 morts. De nombreuses infrastructures ont également été entièrement détruites. La ville de Beira a été la ville que le cyclone a touché avec le plus de force. Au total, ce serait une surface de 3000 km² qui aurait été touchée, d'après le ministre de l'environnement de Mozambique.

Idai est considéré par les météorologistes comme étant le plus puissant cyclone que l'Afrique Australe ait pu connaître durant cette décennie. Les pays touchés n'étaient apparemment pas préparés à un événement d'une telle ampleur. Quelques jours avant la catastrophe, le gouvernement a lancé l'alerte rouge et les zones à risques ont été évacuées.

Selon les humanitaires et le gouvernement, en raison de l'intensité du cyclone, n'importe quel pays aurait subi d'important dégâts. Le Mozambique est longé d'une façade maritime de 2 700 km. Les cyclones sont donc très fréquent mais restent la plupart du temps dans l'Océan. Pour autant, les abris anticycloniques ne sont pas assez nombreux sur le pays.

Le Mozambique, touché par le réchauffement climatique

Le cyclone a t-il été provoqué par l'Homme ?

Bien que les facteurs de la catastrophe Idai restent incertains, une hypothèse tend à montrer que le dérèglement climatique provoqué par l'Homme à une part importante de responsabilité.

En effet, si le changement climatique n'en est pas à l'origine, il aurait permis aux vents tourbillonnants de gagner en puissance. Cette période correspondait à la saison des cyclones dans l'Océan Indien, Idai en était le septième. Mais la montée des températures par exemple, aurait amplifié les tempêtes précédentes.

De plus, avec la montée des eaux, même si le taux de cyclones reste constant, ils feront plus de dégâts. Idai s'est d'ailleurs nourri de tous les fleuves qui sont sortis de leur lits, cette nuit-là. Plus les eaux sont hautes, plus les vagues prennent du terrain. Mais ces prévisions ne seront pertinentes et fiables que sur une dizaine d'années.

Le nombre de cyclones cette année est très inquiétant. En mars 2019, cette région comptabilisait déjà quatre cyclones supplémentaires, comparé aux autres années. D'après The Herald, le journal du Zimbabwe, le cyclone serait «une sonnette d’alarme sur le changement climatique».

L'Afrique, première cible du réchauffement climatique

Alors que l'Afrique n'émet que 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, il s'agit du continent le plus touché par le dérèglement climatique.

En Afrique australe, les températures augmentent deux fois plus vite que la moyenne mondiale (Gerald Bourke, représentant du Programme alimentaire mondial (PAM))

De plus, l'Afrique Australe connaît en alternance des pays de grande sécheresse ou d’inondation. En 2018, le Mozambique a connu la sécheresse la plus importante de ces trente-cinq dernières années. Se nourrissant surtout par une agriculture de subsistance, des millions de personnes se sont retrouvés en situation d'insécurité alimentaire. D'après la PAM, 400 000 hectares de champs auraient été emportés par Idai.

Actuellement, même avec l'aide de l'ONU, le Mozambique n'a pas assez de fonds pour s'adapter aux changements climatiques, que ce soit pour les infrastructures urbaines ou l'agriculture.


Sources :

Courrier International (Idai, vu du Burkina Faso)

Libération

Le Monde (Bilan du cyclone Idai)

Le Monde (Beira, détruite par le réchauffement climatique)