Nous sommes partis à la rencontre d'une de nos productrices de savons : Nathalie, de la Savonnerie Buissonnière. Quelle éthique guide sa production ? Quels sont ses projets futurs ?

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Quels sont tes principes sociaux et environnementaux pour tes savons ?

Moi je considère que la priorité c’est de travailler un maximum avec des producteurs locaux, de travailler les belles matières premières, d’entretenir le tissu du savoir-faire dans nos campagnes, c’est la priorité. Travailler beaucoup en direct avec des magasins bio aussi, et puis d’avoir un contact direct avec les clients, qu’ils soient professionnels ou particuliers.

L’aspect environnemental, c’est comme l’aspect social, c’est valorisé par Nature&Progrès. Il faut utiliser un emballage le plus minimaliste possible, ne pas utiliser de colorants de synthèse, pas de parfums de synthèse, aucune huile de palme… Tout est très cohérent dans ce cahier des charges.

Vivre à la campagne, et ne pas avoir besoin d’aller dans les villes pour monter des projets, c’est important aussi.
Source : La Savonnerie Buissonnière

La clientèle locale est très fière aussi d'avoir des brasseurs juste à côté, une savonnière, un artisans boulanger... du coup ils nous suivent beaucoup sur nos activités. Parce qu’il y a beaucoup de gens qui consomment avant tout local, avec des fois une exigence bio, mais c’est vrai qu’il y a un renouveau et une envie de consommer différemment.

Tes recettes sont validées par Nature & Progrès ?

La première étape c’est quand on développe une formule c’est l’idée, après c’est de trouver la bonne combinaison des huiles, parce que la savonnerie c’est ça, de trouver des synergies entre chacune d’elle. Puis, c’est transféré chez l’évaluateur de la sécurité, donc c’est lui qui valide innocuité de la formule. Il y a aussi tout le travail au niveau de l’étiquette du graphiste… Il y a beaucoup de choses avant que ce soit commercialisé, ça passe effectivement par Nature et Progrès puisque l'on soumet une fiche de composition du produit : tout le détail des ingrédients, l’origine des matières premières, les fournisseurs, la certification, si c’est AB, si c’est Nature et Progrès, si c’est AB ET issu du commerce équitable, tout ça ça part au siège de Nature et progrès, et en plus du retour de l’évaluateur, on attend ce retour pour se dire que la formule est commercialisable. Donc ça prend du temps tout ça. Tout le monde est assez réactif, mais il y a quand même 6 ou 8 mois de travail.

Certains producteurs décident de ne pas se faire labelliser, car ils parviennent à écouler leur production localement, le bouche à oreille fait office de certification etc…

Qu’est-ce que ce label t’a apporté toi ? Peut-être de rentrer plus facilement sur le marché de la savonnerie ?

Oui, complètement. Après le choix d’une certification ou d’une mention, c’est vrai que c’est un choix de départ, moi je voulais absolument être chez eux, pour deux raisons : je voulais qu’à travers l’obtention de la mention, toute l’éthique que je mets dans mon travail, la sélection des matières premières, dans le minimalisme au niveau de l’emballage, que ce soit valorisé par la mention Nature&Progrès.

Au-delà de ça, Nature&Progrès c’est une fédération associative, donc c’est participer aussi à un projet commun, d’avoir beaucoup de contact socialement avec les autres producteurs du département, les autres transformateurs, c’est d’adhérer à un groupe et d’adhérer ensemble pour une amélioration des choses à notre échelle, sans prétention aucune. Au-delà de ça, je fonctionne déjà avec des produits bio depuis une bonne dizaine d’année, et c’est vrai que j’ai rapidement vu la différence entre de la cosmétique classique, même bio, et de la cosmétique Nature&Progrès.

Source : La Savonnerie Buissonnière

Quels sont tes projets futurs, si tu en as ?

On est en train de travailler sur un nouveau bâtiment parce que le pigeonnier que j’adore, mais il fait 20 m², et c’est vrai que ça devient petit au niveau de l’espace, pour le stockage, donc je fais encore de petites productions. J’aimerais passer sur des productions plus importantes, pour passer moins de temps à produire, et avoir un espace de travail plus agréable, plus grand. Élargir la gamme aussi, comme toujours, j’ai toujours pleins d’idées de recette, de nouveaux cosmétiques, il y a pleins de choses à faire !

Contrairement à la transformation alimentaire, quand on fait de la transformation cosmétique comme ça, on passe beaucoup de temps à évaluer nos recettes, tout ça passe à la sécurité, donc tout ça a un coût, c’est un temps d’investissement de travail. Si je voulais retravailler ma recette, il faudrait que je repasse par un toxicologue pour qu’il me valide ma nouvelle formule, donc en fait on ne peut pas être sur des espèces de "collection", en changeant régulièrement nos recettes. Donc si on veut développer autre chose, on est obligé de développer une autre formule.

Un mot que tu souhaites passer à tes clients ?

Continuez à acheter mes savons (rire) ? Non je leur dirai merci bien sûr, parce que avoir un intérêt pour le savon à froid, ça permet à la savonnerie buissonnière de se dire au bout de 4 ans d’activité “ah bah, je suis un peu juste dans mon local et j’en envisage un autre”, ça c’est le luxe suprême, que nos produits se vendent et qu’ils soient appréciés, c'est très gratifiant.


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N'hésitez pas à consulter la première partie et la deuxième partie de l'interview !